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Qu’est-ce que le suivi distribué (distributed tracing) et comment l’appliquer aux microservices IT

Introduction

Aperçu du problème : complexité dans les environnements modernes

Dans le contexte actuel de transformation numérique, les applications modernes sont de plus en plus conçues à l’aide de microservices et d’architectures cloud-native, afin de garantir un accès ubiquitaire, à tout moment et en tout lieu, pour les utilisateurs et les clients.
Il est évident que cette nature distribuée rend plus difficile le suivi des requêtes à mesure que les données et les processus circulent entre plusieurs services. Dans ce contexte, la supervision traditionnelle de l’infrastructure a du mal à fournir une vue complète du comportement du système. C’est précisément là qu’intervient le traçage distribué (distributed tracing), qui permet aux développeurs et aux administrateurs IT de visualiser l’ensemble du parcours d’une requête, facilitant ainsi l’identification des performances, des goulots d’étranglement potentiels, des points de défaillance et du moment exact où ceux-ci se produisent.

Qu’est-ce que le traçage distribué ?

Définition fonctionnelle et technique

Le traçage distribué permet d’observer les requêtes de données circulant dans un système distribué. Les architectures modernes à base de microservices reposent sur des composants variés et indépendants, où les échanges de données s’effectuent via des API. D’un point de vue fonctionnel, le traçage distribué assure la continuité du suivi grâce à un identifiant unique (Trace ID) attribué à chaque requête, persistant à travers les différents services. Il permet d’établir une hiérarchie de segments (spans) au sein d’un même service, utilise des bibliothèques de traçage (par exemple OpenTelemetry ou Jaeger) pour collecter les données de suivi, et s’intègre à des systèmes de journalisation contextuelle (logs et métriques), fournissant ainsi une observabilité complète. Il est également possible de définir des règles de traçage personnalisées.

D’un point de vue technique, le traçage distribué permet de comprendre le flux des requêtes au sein d’un système distribué, d’identifier les goulots d’étranglement ou les sources de latence, de détecter des erreurs et d’accélérer le débogage. Il peut aussi être exploité pour optimiser l’allocation des ressources selon les dépendances et la charge du système. Enfin, il favorise la collaboration entre équipes en rendant visibles les interactions entre services et leurs responsables respectifs.

Différences avec les logs traditionnels et les métriques

Le traçage constitue le lien manquant entre les logs classiques, les métriques et l’observabilité distribuée. Pour bien comprendre leurs différences, leurs niveaux de profondeur et la manière dont ils interagissent, rien de mieux qu’un tableau comparatif.

Tableau – Différences entre traçage distribué, journalisation traditionnelle et métriques

Objectif

Niveau de détail / Efficacité

Cas d’usage principal

Traçage distribué

Suit les requêtes à travers plusieurs services, offrant une visibilité de bout en bout.

Capture des interactions détaillées entre services, met en évidence la latence et les dépendances.

Permet de diagnostiquer des goulots d’étranglement et des défaillances dans des systèmes distribués.

Journalisation (logs)

Enregistre les événements, erreurs et activités système.

Fournit un contexte historique pour le débogage, mais ne donne pas de visibilité interservices.

Utilisé pour le suivi des erreurs, les audits et l’analyse post-incident.

Métriques

Supervise l’état du système via des données numériques agrégées.

Agrège des données sur le long terme (historique), ce qui contribue à l’analyse des tendances et à la génération d’alertes.

Détecte des anomalies ou des défaillances avant qu’elles ne surviennent.

Comme vous pouvez le constater, toutes ces approches fournissent des informations utiles à ton équipe. Cependant, il est important de noter que les logs et les métriques, pris isolément, ne suffisent pas à comprendre ce qui se passe dans la complexité des systèmes distribués. Les traces sont des ressources d’information qui enrichissent l’observabilité grâce à la corrélation et à la contextualisation, en reliant ressources, services et dépendances. Ainsi, le suivi distribué constitue un levier extrêmement puissant pour comprendre les interactions complexes entre services dans les architectures modernes, en vue de garantir des systèmes stables et d’offrir de meilleures expériences aux utilisateurs et aux clients.

Comment fonctionne le suivi distribué

Le suivi distribué offre de la visibilité sur la façon dont les différents microservices interagissent, à travers les composants que nous détaillerons dans la figure suivante :

  • Démarrage du suivi : Lorsqu’un utilisateur effectue une requête, celle-ci génère un identifiant de suivi unique (trace ID) utilisé tout au long de son parcours à travers plusieurs services.
  • Création des intervalles : Chaque service avec lequel la requête interagit crée un intervalle (span), représentant une seule opération (par exemple : une requête vers une page web ou une base de données, un appel API). L’ensemble des spans constitue une trace, représentant le parcours complet de la requête.
  • Propagation du contexte entre services : Le trace ID et les données des spans sont transmis entre services via les en-têtes (headers) des requêtes réseau, garantissant la continuité et permettant aux outils d’observabilité de reconstruire le flux de la requête.
  • Collecte et visualisation des données (télémétrie) : Les outils de traçage collectent les données des spans, telles que la latence, les erreurs et les dépendances. La trace est visualisée sous forme de flame graph, de chronologies (timeline), d’arbres d’appels ou de graphiques en cascade (waterfall chart), ce qui permet à ton équipe d’ingénieurs d’identifier plus facilement les goulets d’étranglement.
  • Résolution de problèmes et optimisation : Grâce aux informations collectées, ton équipe peut identifier les services affectés par une latence, des défaillances ou des interactions inefficaces. Ces données sont aussi précieuses pour définir des stratégies de gestion de projet IT permettant d’optimiser les performances, renforcer la fiabilité et faciliter le débogage.

Figure – Fonctionnement du suivi distribué


Le suivi distribué dans les architectures de microservices

Pourquoi le suivi des microservices est indispensable

Le suivi distribué permet aux développeurs et aux administrateurs système de visualiser le parcours des requêtes à travers les différents microservices. Cette visibilité est essentielle pour corriger les erreurs et les problèmes de performance susceptibles d’impacter l’expérience utilisateur.

Traçabilité de bout en bout (end-to-end tracing)

Le Distributed Tracing améliore considérablement le suivi global en apportant une visibilité complète sur les systèmes complexes et distribués. Il s’appuie sur une observabilité unifiée (en intégrant logs et métriques) et la propagation du contexte entre tous les microservices, ce qui facilite le suivi des requêtes de bout en bout. De plus, il contribue à optimiser les performances en identifiant les goulets d’étranglement et les problèmes de latence tout au long du cycle de vie des requêtes. Toutes ces données permettent aux ingénieurs d’identifier les défaillances plus rapidement en corrélant les traces avec les journaux et les métriques.

Quelques cas typiques :

  • Passerelles d’API (API gateways) : Lorsqu’un utilisateur d’application effectue une requête, la passerelle la redirige vers plusieurs services et attribue un identifiant de suivi. Chaque microservice impliqué génère des spans pour mesurer le temps d’exécution. La trace est propagée entre les services via des en-têtes réseau. Grâce à cela, le suivi distribué offre une visibilité complète sur les éventuels goulets d’étranglement.
  • Files de messages : Pour superviser des applications telles que l’envoi d’e-mails, le suivi distribué permet d’analyser le temps de traitement et d’en déduire des stratégies d’optimisation pour la livraison des messages.
  • Fonctions serverless : Les environnements serverless, de nature éphémère, posent des défis spécifiques pour le diagnostic des performances. Ici, le suivi distribué permet une visibilité globale du flux des requêtes à travers les différents services.

Avantages du suivi distribué

  • Détection des goulets d’étranglement et des erreurs : Grâce à une visibilité complète et globale, le suivi distribué permet de visualiser le temps de réponse de chaque service, facilitant ainsi l’identification rapide des retards et des points de congestion potentiels.
  • Réduction du MTTD et du MTTR : Pour la détection des défaillances (MTTD, Mean Time to Detect), le suivi distribué offre une visibilité en temps réel sur les requêtes et leurs interactions entre microservices, permettant d’identifier rapidement les anomalies et les erreurs. En ce qui concerne la résolution des problèmes (MTTR, Mean Time to Resolve), il permet de localiser précisément la panne, en indiquant quel service ou composant est responsable de l’erreur ou nécessite un correctif.
  • Amélioration des SLA, des performances et de l’expérience utilisateur : Le suivi distribué facilite la surveillance du temps de disponibilité (uptime) et du respect des accords de niveau de service (Service Level Agreement), en détectant en temps réel les temps de réponse et la disponibilité. En réduisant les temps de chargement et les erreurs, la perception de la rapidité et de la fiabilité du système par l’utilisateur s’améliore, ce qui se traduit par une meilleure expérience client.
  • Collaboration interéquipes (DevOps, SRE, QA) : Une visibilité globale permet à tous les services de l’entreprise de partager une même vision sur les performances et la stabilité du système. En DevOps, cela aide à détecter les problèmes lors du déploiement et à optimiser les applications ; en SRE (Site Reliability Engineering), cela permet d’identifier les points de défaillance et d’améliorer la résilience grâce à l’analyse détaillée des traces.

Défis et limitations

La mise en œuvre du suivi distribué présente certains défis et limitations qu’il convient de prendre en compte, notamment :

  • Instrumentation manuelle vs automatique : Mettre en place et maintenir un suivi distribué nécessite l’instrumentation de chaque service, ce qui peut être complexe et chronophage. De plus, la majorité (voire la totalité) des systèmes anciens ne prennent pas en charge l’instrumentation automatique, ce qui peut impliquer des modifications manuelles.
  • Coût et volume de données : Capturer des traces pour chaque requête peut générer un volume de données considérable, susceptible d’impacter les performances du système, tout en représentant un coût en temps et en ressources pour votre équipe.
  • Problèmes d’échantillonnage et contexte incomplet : En raison du volume élevé de traces collectées, il est nécessaire d’appliquer des stratégies d’échantillonnage afin d’éviter la surcharge, ce qui peut entraîner la perte d’informations pertinentes ou un contexte partiel. Il faut également noter que la collecte automatique de données et leur intégration avec de nombreux services et outils peuvent, en plus d’être complexes, exposer des informations sensibles si elles ne sont pas correctement gérées.

Comment l’intégration du suivi distribué fonctionne avec Pandora FMS

Pandora FMS peut s’intégrer à des solutions de suivi distribué telles que Jaeger ou OpenTelemetry pour incorporer les traces dans sa console de supervision. Bien qu’il ne génère ni n’instrumente directement les traces, il permet de les représenter comme des données opérationnelles venant compléter les informations issues des logs, des métriques et des événements.

Grâce à cette intégration, Pandora FMS apporte :

  • Corrélation des traces avec les logs et les métriques : offrant une vue contextuelle de chaque incident.
  • Visualisation unifiée sur des tableaux de bord : aux côtés d’autres indicateurs clés tels que la disponibilité, l’utilisation des ressources ou l’état des services critiques.
  • Intégration avec les flux d’alertes et les outils ITSM : permettant aux traces pertinentes de déclencher des alertes ou d’être automatiquement associées à des processus de gestion des incidents.

Cette capacité renforce la position de Pandora FMS en tant que plateforme centralisée d’observabilité (Single Pane of Glass), particulièrement utile dans les environnements où coexistent différents systèmes d’instrumentation et de supervision.

Conclusion

Nous vous invitons à contacter les experts Pandora FMS pour connaître les meilleures pratiques afin de déployer le suivi distribué dans votre organisation. Cliquez ici.

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